Outre ces discriminations qui résultent de dispositions légales ou réglementaires, les femmes sont victimes d'inégalités de fait en raison du rôle qui lui est dévolue par la société. Ces inégalités sont manifestes dans :
* La vie politique : les femmes à ce niveau sont sous-représentées, alors qu'elles représentent la fraction majoritaire de l'électorat. Elles sont marginalisées et continuent à être considérées comme "une masse de man½uvre électorale".
* L'accès aux ressources : la Loi sur le Domaine national de 1964 établit l'égalité d'accès à la terre pour tous ceux qui la mettent en valeur, et la Réforme de l'Administration Territoriale et Locale, intervenue en 1972, renforce le pouvoir de décision des communautés rurales. Cependant, elles n'ont pas pris en compte le statut particulier des femmes qui, selon le droit, ne peuvent accéder ni à la propriété, ni au contrôle de la gestion foncière.
Il faut saluer les dispositions de l'article 15 de la nouvelle Constitution qui affirment que le droit de propriété de la terre est désormais garanti aussi bien à l'homme qu'à la femme. Les restrictions coutumières à l'accès des femmes à la terre sont désormais interdites.
* L'accès au crédit : Les textes qui régissant les banques n'établissent pas de discrimination à l'égard des femmes. Pourtant elles bénéficient peu du financement bancaire en raison de facteurs limitants liés à la faiblesse de leurs revenus (insuffisance de l'apport personnel exigé), à leur manque de garanties (titre foncier, biens, etc.)
* L'accès au service de santé : il faut souligner l'inégale capacité des femmes face à l'accès aux services de santé, alors que les très dures conditions de vie, l'importante charge de travail des femmes, l'insuffisance qualitative et quantitative de la nutrition, les grossesses multiples et rapprochées ont des conséquences néfastes sur la santé des femmes. Il en va de même pour certaines pratiques culturelles telles que l'excision, l'infibulation, les mariages précoces.
* Rappelant que la discrimination à l'encontre des femmes viole les principes de l'égalité des droits et du respect de la dignité humaine, qu'elle entrave la participation des femmes, dans les mêmes conditions que les hommes, à la vie politique, sociale, économique et culturelle de leur pays, qu'elle fait obstacle à l'accroissement du bien-être de la société et de la famille et qu'elle empêche les femmes de servir leur pays et l'humanité dans toute la mesure de leurs possibilités,
(...)
* Ayant à l'esprit l'importance de la contribution des femmes au bien-être de la famille et au progrès de la société, qui jusqu'à présent n'a pas été pleinement reconnue, de l'importance sociale de la maternité et du rôle des parents dans la famille et dans l'éducation des enfants et conscients du fait que le rôle de la femme dans la procréation ne doit pas être une cause de discrimination et que l'éducation des enfants exige le partage des responsabilités entre les hommes, les femmes et la société dans son ensemble,
* Conscients que le rôle traditionnel de l'homme dans la famille et dans la société doit évoluer autant que celui de la femme si on veut parvenir à une réelle égalité de l'homme et de la femme,